Page 4 - Le Médecin Radiologue de France - Hors-série Chicago 2012
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    RSNA
2012
Télémédecine : Les Etats- Unis sont-ils en avance ?
L’American Telemedecine Association (ATA) rassemble, aux Etats-Unis, la plupart des acteurs de la télémédecine. Cette année, elle s’est réunie à San Francisco en avril et à la Nouvelle Orléans en septembre. C’est bien sûr le RSNA qui fait référence en téléradiologie mais les rencontres de l’ATA permettent d’observer les développements de la télémédecine, principalement aux Etats-Unis mais aussi dans d’autres pays. Pour une fois, la comparaison ne se fait pas forcément au détriment de la France.
L’ATA
L’ATA est une association non lucrative, créée en 1993 qui promeut la télémédecine.
L’ATA œuvre pour intégrer la télémédecine dans le système de santé pour accroître la qualité, l’efficacité, l’équité et l’accessibilité des soins à travers le monde. Créée à l’origine avec la participation de l’armée américaine qui, de par sa présence sur les 5 continents, était d’emblée intéressée à développer la télémédecine, l’ATA est aujourd’hui ouverte à des membres de tous les pays.
La mission de l’ATA est le développement des technologies de l’information et de la télécommunication pour améliorer les soins. Pour cela, l’ATA poursuit plusieurs objectifs:
Informer et impliquer le gouvernement, les payeurs et le public dans la télémédecine.
Fournir des informations et des services aux professionnels.
Favoriser les réseaux et les coopérations concernés par la médecine et la technologie.
Promouvoir la recherche, l’innovation et l’éducation
dans le domaine de la télémédecine.
Développer et disséminer les normes. Susciter l’intérêt et le soutien du public.
Seul le point de vue du payeur, Medicare ou Medicaid, permet une certaine homogénéisation, au niveau national, au travers des critères de remboursement des actes de télémédecine. Cependant, d’une part ces critères peuvent varier d’un Etat à l’autre et d’autre part les critères communs ne semblent pas connus des offreurs.
Un autre payeur, privé, Kaiser affiche sans ambiguïté le modèle qu’il entend promouvoir: assurer un meilleur service à un moindre coût, ce qui suppose de pouvoir prouver l’avantage coût d’un programme, ce qui est loin d’être réalisé. La question est aussi posée en France.
    Les présentations faites lors des réunions de l’ATA font ressortir plusieurs caractéristiques communes aux programmes conduits au travers des Etats-Unis.
Ils répondent à des besoins peu ou mal satisfaits par l’offre de soins habituelle. Les populations couvertes sont très ciblées culturellement ou socialement ou sont très isolées géographiquement ou répondent aux deux critères. Dans le cas de l’isolement géographique, les programmes sont dans la logique de lutter contre les « déserts médicaux ».
Les échantillons de population sont, dans beaucoup de programmes, relativement peu importants (à l’échelle américaine). De ce fait, il est difficile de tirer des conclusions claires et généralisables.
Plusieurs cibles et objectifs sont partagés par la plupart des programmes qui se fixent des objectifs communs :
• Mettre le patient au centre du système • Améliorer l’accès aux soins
• Améliorer la qualité des soins
• Maîtriser les coûts.
Ils peuvent ainsi cibler quasi-exclusivement les patients mais ils peuvent aussi s’adresser aux différents intervenants autour des patients (famille, professionnels de santé et sociaux, chercheurs, administrations).
Ils peuvent assurer des prestations médicales et/sociales mais aussi délivrer de l’information ou encore des formations pour les différents partenaires.
Beaucoup recherchent la coordination des interventions des différents acteurs.
Cependant, la plupart des programmes présentent de fortes limites.
L’évaluation des résultats par rapport aux objectifs reste difficile, en particulier en ce qui concerne les coûts. La taille, souvent limitée, des échantillons ne permet pas toujours de tirer de conclusions définitives. Chaque programme est sa propre référence qui ne semble pas profiter des autres expériences. Il ne ressort pas de modèle d’organisation type mais une multitude de programmes qui restent au stade de l’expérimentation et ne passent pas à la phase de routine.
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Supplément au numéro 352 Novembre - décembre 2012
                                




































































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