Page 9 - Le Médecin Radiologue de France - Hors-série Chicago 2010
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   Ron Johnson
Selon lui, la loi votée par les démocrates est contraire au vœu exprimé par le public américain. Elle porte atteinte à ce qu’il considère comme le meilleur système de santé dans le monde. Elle est, toujours selon lui, « la plus grande agression contre notre liberté » et doit donc être retirée.
Pour les républicains, une approche par le marché du secteur de la santé permet d’assurer aux médecins et aux patients qu’ils garderont le contrôle des décisions qui les concernent. C’est aussi le marché libre qui assurera le développement de nouveaux produits pharmaceutiques, de nouveaux traitements et de nouvelles procédures médicales.
Il n’empêche, le Président Obama poursuit la mise en place de sa réforme. Ainsi, depuis septembre 2010, les assureurs ont l’obligation de prendre en charge certains services de prévention sans en reporter le coût sur leurs assurés. Il faudra néanmoins beaucoup d’habileté au président pour rendre sa réforme effective. n
Wilfrid Vincent
Billet
d’humeur
R. Johnson s’est donc engagé à voter le retrait de la loi sur la réforme de santé « Health Care Bill » et à la remplacer par des solutions reposant sur le marché qui permettront de réduire les coûts alors
que la réforme d’Obama renchérit le prix des couvertures sociales pour une qualité moindre.
RSNA et schizophrénie
RSNA 2010
             Le congrès de la Société Nord Américaine de Radiologie, RSNA, est un symbole pour les « radiologeeks » : une concentration annuelle de savoir scientifique et de progrès technique. Le monde entier s’y rend en masse, 65 000 participants au moins, dont un grand nombre de radiologues français. En effet, le « RSNA » a toujours été un bon moyen de prendre le pouls médico-industriel dans un pays où médecine de pointe, high tech et esprit d’entreprise sont liés. C’est un bon outil de « benchmarking » comme on dit maintenant dans les technosphères françaises.
On peut se demander ce que vont y faire les radiologues français ? Les radiologues hospitaliers sont confrontés au délabrement de leurs établissements malgré les milliards engloutis et les radiologues « libéraux » subissent de plein fouet une liste de mesures qui s’accumulent sans cesse, mesures qui touchent aussi l’hôpital public qui bénéficie toutefois de financements annexes, sinon occultés. On peut craindre que le Pouvoir n’en reste pas là et l’absence de visibilité et de confiance a un effet néfaste qui sera durable. Il est vrai qu’il n’y a presque plus d’industrie française dans une France tertiarisée et vouée à devenir un musée à ciel ouvert...
Sous des prétextes à peine déguisés, les pouvoirs publics se livrent à un non-sens économique : tuer le secteur libéral ne ressuscitera pas l’hôpital public et ne diminuera pas la dépense. Cette gestion « économiste » est de surcroît hostile au progrès : le progrès passe par des nouveautés technologiques avec des scanners plus performants et délivrant moins de rayons X, des IRM plus précises et polyvalentes, un archivage des données de santé puis une transmission et une mise en commun sécurisée. L’administration, totalement démédicalisée et en pleine dérive technocratique, utilise largement ses deux leviers favoris, la régulation administrative dont l’apothéose monstrueuse sont les ARS et la régulation économique qui comprend aussi une politique de revenus sur des bases de surcroît erronées. La destruction du secteur libéral français est une menace réelle et nos patients l’ont bien compris. Au regard des amendements parlementaires et des rapports de prestigieuses institutions, Chicago est loin, très loin, comme un mirage alors que la découverte des rayons X a maintenant 115 ans !
Dr Robert LAVAYSSIERE
Vice-Président de la FNMR
           Supplément au numéro 330 Novembre - décembre 2010
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