FNMR - COMMUNIQUÉ - 18 AVRIL 2012

18/04/2012

Revenus des Médecins Radiologues libéraux pour 2010 : La capacité d'investissement mise à mal

La Fédération Nationale des Médecins Radiologues vient de prendre connaissance des chiffres des revenus des médecins libéraux publiés par la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France pour 2010. Ces chiffres établis, sur la base des déclarations fiscales de tous les médecins libéraux, montrent une stagnation du revenu des médecins radiologues qui est loin du niveau estimé par la DREES qui réalise ses statistiques partielles sur seulement la moitié de la spécialité. Contrairement à la hiérarchie affichée par la DREES, qui place les médecins radiologues en tête, ceux-ci se situent en quatrième position.

De 2009 à 2010 : le revenu moyen des médecins spécialistes de secteur 1 a progressé de 2,7 %, celui des médecins radiologues de 0,97 % (124 684 €), soit nettement moins que l’inflation. Pour l’ensemble des médecins spécialistes secteur 2, la progression a été de 3,6 %, mais celle des médecins radiologues a été négative : - 0,85 % (156 067 €). Les médecins spécialistes (secteurs 1 et 2 confondus) ont enregistré une progression de 3,18% contre 0,75% pour les médecins radiologues (avec 128 060 € en moyenne).

La FNMR estime que ces chiffres, comme ceux des deux années précédentes, sont plus qu’inquiétants. En effet, d’une part ils cachent des situations très disparates selon les lieux d’exercice et la nature de l’activité, d’autre part ils montrent que la profession a sacrifié sa dynamique d’investissement pour compenser les baisses tarifaires qui lui ont été imposées. De plus, de nouvelles mesures de baisses tarifaires ont été prises en 2011 et 2012 dont l’impact n’a pas encore été mesuré.

Dans le secteur libéral, les investissements lourds en imagerie médicale (des tables radiologiques jusqu’aux IRM) sont réalisés par les médecins radiologues eux-mêmes. Les conséquences des mesures prises depuis 2007 sur l’imagerie médicale affectent directement la capacité d’investissement des médecins radiologues. Elles se traduisent aussi par de nombreuses fermetures de cabinets de radiologie de proximité réduisant le maillage du territoire pour une imagerie médicale de qualité.

La FNMR alerte les pouvoirs publics et les candidats à l’élection présidentielle sur les dangers que représenterait toute nouvelle mesure de rigueur sur l’imagerie médicale. Les chiffres des revenus de 2010 montrent que la profession ne pourra plus tenir longtemps après cinq plans annuels d’économie successifs se traduisant par des baisses de la valeur des actes. Il est urgent de la soutenir pour renouer avec une dynamique d’investissement indispensable à la qualité des soins et mettre un terme au sous-équipement de la France en IRM.

Enfin, la FNMR s’interroge sur la pertinence de la cure d’austérité imposée principalement aux médecins radiologues, mettant en péril de nombreux cabinets d’imagerie médicale, alors que l’ONDAM est respecté depuis deux ans de suite et qu’en 2011 le Comité d’alerte relève une sous réalisation de 400 millions l’euros sur les soins de ville.

Contact : Docteur Jacques NINEY - Président FNMR - Tél : 01.53.59.34.07.